Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe à la retraite et autrice (ENVA, 1963) au 🎤 d’Annabelle
A l’été 1936, Jacqueline vient au monde dans un lit chargé d’histoires, avant que la grande Histoire ne vienne brutalement bousculer la sienne. Enfant de cinq ans aux robes légères mais au destin lourd 🥲, elle voit la guerre lui prendre son père et son grand-père. Revenue à Paris sans savoir lire mais déjà experte en résilience, elle dévore ensuite études, musique, philosophie, puis enchaîne sciences et école vétérinaire, travaillant la nuit pour financer ses jours.
Militante, mélomane, insolente, elle est heureusement portée par une promotion soudée et des professeurs passionnés, pour affronter la mort de son fiancé en Algérie et son exclusion du Parti communiste. Quand on lui dit explicitement à la fin de son cursus qu’il n’y aura pas de femme professeure à Alfort, elle claque la porte, ouvre un journal, décroche un poste à Saint-Flour… avant qu’une vache 🐮 ne l’envoie littéralement au tapis. A terre certes mais pas pour longtemps. S’ensuit une ascension fulgurante dans l’industrie : analyses vétérinaires, plastiques alimentaires, seringues 💉 à usage unique — petite révolution née sous ses mains. Une trajectoire sinueuse, cabossée, mais toujours guidée par une énergie joyeusement indisciplinée.
Entre deux plateaux télé Jacqueline traverse les années 70 comme une comète vétérinaire. Elle finit par dire stop, lassée d’une vie où même le champagne 🍾 n’a plus de goût. Mais Jacqueline est pleine de ressources, elle troque les escarpins 👠pour des mocassins 👞 et ouvre sa clinique : 28 ans de soin, de doutes féconds et d’audace tranquille, de livres et de micros, jusqu’à une présidence historique, celle de la Société Française d’Homéopathie.
Conférences à Monaco, livres à succès ✍️, vedettes à soigner… tout s’enchaine à grande vitesse. Quand elle referme sa porte en 2001, elle laisse derrière elle dossiers rouges et la conviction que l’homéopathie mérite mieux que les procès qu’on lui fait. Reconnue jusqu’au Brésil, où un institut porte son nom, honorée en France par la médaille de l’Ordre national du Mérite remise par son amie Madeleine Chapsal, Jacqueline regarde son parcours avec un mélange de lucidité amusée et de tendresse. Elle qui n’avait pas imaginé devenir une femme exceptionnelle, a surtout refusé de devenir une femme silencieuse.
👉 Toujours guidée par l’ombre lumineuse des femmes de sa lignée, elle avance droite, presque têtue, comme si chaque animal soigné rendait hommage à ceux qui lui ont appris, très tôt, à tenir debout. Depuis, Jacqueline n’a jamais vraiment raccroché le stéthoscope. Vétérinaire 🩺 un jour, vétérinaire toujours. A la retraite ? Vaguement. Vivante ? Intensément. Et, comme toujours, prête à transmettre. Aux jeunes vétos, elle glisse le conseil de rester sentimental 🧡 : pleurer avec un maître, écrire un mot, accueillir la fragilité… Car au fond, la médecine n’est pas seulement une science, c’est aussi et surtout un lien.
🔗 Liens de l'épisode :
www.homeopathie-francaise.com
La toile cirée : l’histoire exceptionnelle de Jacqueline Peker, Gaëlle Betruc, Ed. L’Harmattan
Homéopathie et cheval, Jacqueline Peker et Marie-Noëlle Issautier, Ed. Vigot
Soigner votre chien par les médecines naturelles, Jacqueline Peker, Ed. Librinova
Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Annabelle Orszag - Enregistrement : Annabelle Orszag - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone
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