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Roule Galette

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By: Saravadio
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  • Roule galette #38- MOON ATE THE DARK : 1 (2012, SONIC PIECES )
    Jun 19 2026
    Roule Galette #38 nous emmène cette semaine du côté du premier album de Moon Ate the Dark sobrement intitulé 1 . Je n’ai plus souvenir exactement comment ce disque est entré dans ma vie, sans doute au moment de la réédition réunissant les deux albumsdu duo . En revanche, je sais que le label Sonic Pieces m'a accompagné pendant de nombreuses années.Monique Recknagel m'avait envoyé quelques disques promotionnels à l'époque. C'est ainsi que j'ai découvert une partie de ce catalogue singulier : Nils Frahm, le magnifique album de Takeshi Nishimoto , lavandula , ou encore Pino d'Otto A. Totland, un disque que j'ai énormément défendu au magasin, au point d'en vendre une bonne quinzaine d'exemplaires, ce qui représentait déjà beaucoup à notre échelle. Au fil des années, plusieurs artistes liés à cet univers sont venus jouer à la maison. Erik Skodvin y est passé en 2013 avec Aidan Baker et Andrea Belfi lors du premier concert à Tincques alors que nous habitions les lieux depuis à peine 1 mois . Rauelsson est venu pour un concert magique , un peu plus tard , en compagnie de l’artiste néerlandaise Jessica Sligter . Nous avons même gouté au privilège de partager un thé avec Erik et Monique lors d'un séjour à Berlin et de visiter leur atelier de confection de leur disques « fait maison » .Si j'écoute moins activement cette scène aujourd'hui, par manque de moyens ou simplement par envie d'explorer d'autres univers, certains disques du label continuent de m'accompagner et Moon Ate the Dark est indéniablement de ceux-là. Un disque associé à des climats , des périodes, que j'aime retrouver souvent à la tombée du jour, près d'un feu de cheminée ou à la lueur d’une bougie parfait compagnon d’un silence ou d’une lecture .Enregistré en deux jours d'août 2011, le disque réunit la pianiste galloise Anna Rose Carter et Christopher Bailey, chargé de capter, transformer et prolonger le son du piano. Entièrement improvisé, sans recours à des échantillons préexistants, l'album laisse entendre autant l'instrument lui-même que sa respiration, sa mécanique et les résonances qui l'entourent. Le disque a été masterisé par Nils Frahm , coutumier de cette technique d’enregistrement . Nous avons eu la chance de voir l’un des rares concerts de Moon Ate the Dark en Hollande, en première partie d'Otto A. Totland , dans un voyage qui nous avait beaucoup marqué , autant par la qualité du concert que par l’inquiétante froideur de l’hôtel où nous avions séjourné pour une nuit, qui s’apparentait plus à l’hôtel désertique de Shining qu’à un luxueux palace . Le concert était absolument fascinant. Anna Rose Carter jouait pendant que Christopher Bailey transformait le son du piano à l'aide de ses pédales et de ses traitements électroniques dont je ne comprenais pas grand-chose. Ce qui était impressionnant surtout, c'était cette confiance entre les deux musiciens : voir Anna Rose Carter poursuivre son jeu sans jamais être déstabilisée par les transformations réalisées en temps réel par quelqu'un d'autre. Toute l'alchimie du duo semblait reposer sur cet équilibre fragile. Plus qu'un disque de piano solo, Moon Ate the Dark propose un espace sonore dans lequel chaque note semble apparaître puis disparaître dans un halo de drones, de souffles et de réverbérations. Une musique discrète, mais profondément habitée, qui continue de m'accompagner plus de dix ans après sa découverte. Bien que n’ayant jamais joué ici ,Moon ate the dark 1 , est un disque qui a le pouvoir de convoquer des fantômes bienveillants dans cette maison , webradio que nous habitons , emplis de rencontres, de rires , d’échanges , d’amitiés , de concerts et de repas partagés « Explosions in a Four Chambered Heart » ouvre le disque en installant immédiatement le dispositif : un piano très présent, travaillé en direct par des traitements électroniques qui élargissent l’espace sonore autour de lui. « Bellés Jar » se place dans un registre plus sombre et plus ramassé, avec des lignes qui semblent descendre et se figer progressivement. « Capsules 11 » introduit davantage de tensions, entre répétitions et passages plus dissonants. « Messy Hearts » pousse le système vers quelque chose de plus instable, où le piano semble parfois déformé par les traitements électroniques. Le timbre devient plus métallique, légèrement grincé, comme un piano isolé dans un espace vide, presque un instrument de saloon déserté qui continuerait à jouer seul. « Sleepwalk » clôt l’ensemble dans un mouvement lent et flottant. Le titre lui-même évoque cet état de déplacement sans conscience, entre veille et sommeil, comme si la musique avançait dans une zone de rêve, sans intention claire ni contrôle, mais sans jamais rompre complètement le fil sonore.
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    45 mins
  • Roule galette #37 - ARESKI BELKACEM & BRIGITTE FONTAINE - vous et nous ( 1977 Saravah)
    Jun 12 2026
    Cette semaine dans Roule Galette, je vous propose un détour par l'un des objets les plus singuliers de la chanson française : Vous et nous de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem. Le choix de ce disque est aussi une manière de rendre hommage à Areski Belkacem, dont la disparition récente m’a particulièrement attristé . Avec Brigitte Fontaine, il aura construit l'une des œuvres les plus libres et les plus inclassables de la musique française. J'ai découvert Vous et nous à la fin des années 70 , début 1980, alors que j'avais une douzaine d’années, et il est resté mon disque préféré du duo. A cette époque, je percevais surtout l'étrangeté des textes. Il y avait quelque chose de comique, parfois absurde, mais aussi beaucoup de tristesse et de mélancolie. J'en comprenais l'essentiel , sans forcément en percevoir l’aspect politique , tant cette manière d'écrire me semblait poétique et singulière. C'est beaucoup plus tard que j'ai pris conscience de la singularité musicale du disque. Avec le recul, je me suis aperçu à quel point Vous et nous était hors format. Mélange de chanson, de folk, d'influences kabyles, d'expérimentations sonores et d'électronique artisanale, l'album dénotait dans un paysage musical déjà très formaté. À sa sortie en 1977 chez Saravah, le disque existe sous plusieurs formes : une version simple et une version double, plus développée, qui accentue encore son caractère foisonnant et difficile à cadrer. Dans sa fabrication même, le disque échappe aussi aux schémas habituels. On raconte qu’il devait à l’origine être un projet porté principalement par Areski Belkacem, avant que Brigitte Fontaine n’intervienne progressivement, ajoutant textes, voix et fragments d’idées, parfois dans des sessions tardives. Le disque se construit alors par couches successives , voire comme un ping pong , plutôt que comme une œuvre figée dès le départ. Cette idée de dualité , est omniprésente dans la discographie d’Areski - Fontaine . Un autre élément frappe immédiatement à l’écoute : les durées. Le disque alterne entre des morceaux de quelques secondes et des titres beaucoup plus développés. Cette coexistence de miniatures et de chansons plus longues casse complètement les formats habituels de la chanson, et contribue à donner au disque son aspect fragmenté, presque kaléidoscopique. Ce qui est étonnant , c’est qu’on constate qu’avec le temps , leur discographie des années 70 garde toujours sa singularité et son côté ovniesque .En dehors du temps , en dehors des modes . Je ne comprenais pas trop pourquoi on n’entendait pas ces artistes sur les radios comme RTL ou Europe 1 , naïf que j’étais . Il est d'ailleurs assez amusant de se souvenir qu'au cours des années 1980, pendant la longue traversée du désert de Brigitte Fontaine, l’évocation du duo était devenu presque hors sujet. Avant sa remise en selle par Higelin de la fin des années 1990, Brigitte Fontaine appartenait surtout au domaine des souvenirs et des disques que l'on se transmettait entre passionnés. C'est aussi un disque qui a traversé le temps alors que je ne l’ai pas possédé pendant très longtemps. Je l'avais d'abord emprunté au foyer Laïque pour l'enregistrer sur cassette. Cette copie m'a accompagné pendant plus de 15 ans , avant que je ne finisse enfin par acheter le CD au moment de sa sortie. Et ce n'est que depuis une dizaine d'années que je possède un pressage vinyle d'origine offert par un client du magasin qui connaîssais mon amour pour Areski -Fontaine . Je viens d'ailleurs de commander la réédition de Kythibong qui corrige quelques coquilles du pressage original avec une nouvelle pochette très minimale. J'en avais vendu un certain nombre au magasin, sans jamais m'autoriser à en mettre un de côté pour moi-même. Près de cinquante ans après sa sortie, Vous et nous conserve toujours la même liberté et la même étrangeté. Patriarcat est sans doute le morceau le plus remarquable de Vous et nous. Aujourd'hui encore, on retient souvent sa phrase épitaphe : « Il n'y a pas d'homme de gauche quand il s'agit des femmes, il n’y a que des hommes de droite ». Mais le texte de Brigitte Fontaine va bien au-delà de cette formule. Par collages successifs, elle mêle slogan publicitaire, commentaires sportifs, poésie, langage politique et images du quotidien dans une sorte de grand flux de paroles où l'humour côtoie la colère.Ce qui frappe aussi, c'est que ce texte de dénonciation n'oppose jamais simplement les uns aux autres. « Geôlier tu es prisonnier aussi », dit-elle à un moment, dénonçant le patriarcat comme une prison pour tout le monde.Enfant, j'étais surtout sensible aux paroles. Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai pris conscience de la modernité de la musique d'Areski. Derrière ce texte foisonnant, il choisit une trame électronique minimaliste avec un Moog et une boîte à rythmes dont ...
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    30 mins
  • Roule galette #36 - LOVE AND ROCKETS , seventh dream of teenage heaven (198)
    Jun 5 2026
    En 1983, après cinq années qui auront profondément marqué le post-punk britannique, Bauhaus se sépare. Le groupe laisse derrière lui quelques-uns des disques les plus singuliers de son époque et une influence considérable sur ce que l'on appellera plus tard le rock gothique. Mais plutôt que de chercher à prolonger cette formule, trois de ses membres – Daniel Ash, David J et Kevin Haskins – choisissent rapidement d'emprunter un autre chemin sous un nouveau nom : Love and Rockets. Daniel Ash et Kevin Haskins avaient déjà commencé à explorer une autre direction avec Tones on Tail, projet fondé dès 1982 avec Glenn Campling alors même que Bauhaus existait encore . Tones on Tail est en quelque sorte le véritable laboratoire de ce qui deviendra Love and Rockets : une musique moins austère, plus joueuse, davantage tournée vers les textures, les rythmes et les expérimentations de studio. Publié en 1985, Seventh Dream of Teenage Heaven est leur premier véritable album ; paru après la sortie du cover des temptations Ball of confusion , première sortie du groupe . Dès les premières minutes, il apparaît clairement que l'objectif n'est pas de refaire Bauhaus. Les tensions et les atmosphères qui caractérisaient leur ancien groupe sont encore présentes, mais elles sont désormais intégrées dans un univers beaucoup plus ouvert, où le psychédélisme occupe une place centrale. Car si Love and Rockets est souvent rattaché à la famille post-punk, ce disque regarde tout autant vers la fin des années 60. On y retrouve le goût des textures sonores, des climats flottants, des effets de studio, des répétitions hypnotiques et de cette idée très psychédélique selon laquelle une chanson peut devenir un espace à explorer plutôt qu'un simple véhicule mélodique. Le titre de l'album résume assez bien cette démarche. Seventh Dream of Teenage Heaven évoque moins une narration précise qu'un état de conscience particulier, quelque part entre le rêve, le souvenir et l'illusion. Cette sensation traverse l'ensemble du disque. Les morceaux semblent souvent avancer par vagues successives, privilégiant l'atmosphère à la démonstration et la suggestion à l'évidence. Les guitares se couvrent de réverbération et d'échos, les lignes de basse dessinent des trajectoires circulaires, tandis que les rythmes installent une forme de mouvement continu. L'ensemble produit une musique qui paraît à la fois familière et étrange, accessible mais constamment traversée par des éléments plus insaisissables. Ce qui frappe également, c'est la liberté avec laquelle le groupe puise dans différentes traditions musicales. On y entend aussi bien l'héritage du post-punk que des influences psychédéliques, des échos du dub jamaïcain ou encore certaines approches plus expérimentales du rock. Pourtant, le disque ne donne jamais l'impression d'un assemblage disparate. Toutes ces influences convergent vers une même recherche : créer des paysages sonores immersifs, capables d'envelopper l'auditeur plutôt que de simplement attirer son attention. Avec le recul, Seventh Dream of Teenage Heaven apparaît comme l'un des albums qui ont accompagné la transformation du rock indépendant britannique au milieu des années 80. Moins anguleux que le post-punk des débuts, moins formaté que la pop qui s'impose alors dans les classements, il occupe une position intermédiaire particulièrement féconde. Une œuvre de transition, mais aussi un disque qui conserve aujourd'hui encore une identité singulière. A Private Future est le premier titre que nous écoutons. Avec sa guitare 12 cordes, Daniel Ash renvoie ici à Slice of Life de Bauhaus ou à Real Life de Tones on Tail. Un morceau solaire, largement porté par la réverbération, qui installe une forme de rêverie. Les paroles évoquent un rapport au temps, au destin personnel, avec cette idée centrale : “your life is just a game”. La fin du morceau ouvre sur une montée plus dramatique avant de s’apaiser. Le titre se conclut sur une forme de recommandation : “live the life you love, use the god you trust and don’t take it all too seriously”. The Dog-End of a Day Gone By Très centré sur la batterie, surtout les toms, avec un jeu tribal noyé dans la réverbération. La guitare tourne en boucle, et les chœurs donnent une couleur psychédélique. Le morceau est assez solaire dans le son, avec des claviers après le refrain, type Farfisa, qui renforcent un côté presque sixties. Les paroles décrivent une ville sans âme et une forme de lassitude du quotidien, avec cette idée de “stub out the dog-end of a day gone by” : éteindre la journée comme un mégot. The Game Les paroles décrivent un jeu sans issue claire, où l’on continue à jouer même en perdant, avec l’idée que gagner et perdre s’inversent en permanence (“to win is to lose, to lose is to win”). On peut l’entendre comme un jeu de foire : on continue à ...
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    42 mins
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