Roule galette #38- MOON ATE THE DARK : 1 (2012, SONIC PIECES ) cover art

Roule galette #38- MOON ATE THE DARK : 1 (2012, SONIC PIECES )

Roule galette #38- MOON ATE THE DARK : 1 (2012, SONIC PIECES )

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Roule Galette #38 nous emmène cette semaine du côté du premier album de Moon Ate the Dark sobrement intitulé 1 . Je n’ai plus souvenir exactement comment ce disque est entré dans ma vie, sans doute au moment de la réédition réunissant les deux albumsdu duo . En revanche, je sais que le label Sonic Pieces m'a accompagné pendant de nombreuses années.Monique Recknagel m'avait envoyé quelques disques promotionnels à l'époque. C'est ainsi que j'ai découvert une partie de ce catalogue singulier : Nils Frahm, le magnifique album de Takeshi Nishimoto , lavandula , ou encore Pino d'Otto A. Totland, un disque que j'ai énormément défendu au magasin, au point d'en vendre une bonne quinzaine d'exemplaires, ce qui représentait déjà beaucoup à notre échelle. Au fil des années, plusieurs artistes liés à cet univers sont venus jouer à la maison. Erik Skodvin y est passé en 2013 avec Aidan Baker et Andrea Belfi lors du premier concert à Tincques alors que nous habitions les lieux depuis à peine 1 mois . Rauelsson est venu pour un concert magique , un peu plus tard , en compagnie de l’artiste néerlandaise Jessica Sligter . Nous avons même gouté au privilège de partager un thé avec Erik et Monique lors d'un séjour à Berlin et de visiter leur atelier de confection de leur disques « fait maison » .Si j'écoute moins activement cette scène aujourd'hui, par manque de moyens ou simplement par envie d'explorer d'autres univers, certains disques du label continuent de m'accompagner et Moon Ate the Dark est indéniablement de ceux-là. Un disque associé à des climats , des périodes, que j'aime retrouver souvent à la tombée du jour, près d'un feu de cheminée ou à la lueur d’une bougie parfait compagnon d’un silence ou d’une lecture .Enregistré en deux jours d'août 2011, le disque réunit la pianiste galloise Anna Rose Carter et Christopher Bailey, chargé de capter, transformer et prolonger le son du piano. Entièrement improvisé, sans recours à des échantillons préexistants, l'album laisse entendre autant l'instrument lui-même que sa respiration, sa mécanique et les résonances qui l'entourent. Le disque a été masterisé par Nils Frahm , coutumier de cette technique d’enregistrement . Nous avons eu la chance de voir l’un des rares concerts de Moon Ate the Dark en Hollande, en première partie d'Otto A. Totland , dans un voyage qui nous avait beaucoup marqué , autant par la qualité du concert que par l’inquiétante froideur de l’hôtel où nous avions séjourné pour une nuit, qui s’apparentait plus à l’hôtel désertique de Shining qu’à un luxueux palace . Le concert était absolument fascinant. Anna Rose Carter jouait pendant que Christopher Bailey transformait le son du piano à l'aide de ses pédales et de ses traitements électroniques dont je ne comprenais pas grand-chose. Ce qui était impressionnant surtout, c'était cette confiance entre les deux musiciens : voir Anna Rose Carter poursuivre son jeu sans jamais être déstabilisée par les transformations réalisées en temps réel par quelqu'un d'autre. Toute l'alchimie du duo semblait reposer sur cet équilibre fragile. Plus qu'un disque de piano solo, Moon Ate the Dark propose un espace sonore dans lequel chaque note semble apparaître puis disparaître dans un halo de drones, de souffles et de réverbérations. Une musique discrète, mais profondément habitée, qui continue de m'accompagner plus de dix ans après sa découverte. Bien que n’ayant jamais joué ici ,Moon ate the dark 1 , est un disque qui a le pouvoir de convoquer des fantômes bienveillants dans cette maison , webradio que nous habitons , emplis de rencontres, de rires , d’échanges , d’amitiés , de concerts et de repas partagés « Explosions in a Four Chambered Heart » ouvre le disque en installant immédiatement le dispositif : un piano très présent, travaillé en direct par des traitements électroniques qui élargissent l’espace sonore autour de lui. « Bellés Jar » se place dans un registre plus sombre et plus ramassé, avec des lignes qui semblent descendre et se figer progressivement. « Capsules 11 » introduit davantage de tensions, entre répétitions et passages plus dissonants. « Messy Hearts » pousse le système vers quelque chose de plus instable, où le piano semble parfois déformé par les traitements électroniques. Le timbre devient plus métallique, légèrement grincé, comme un piano isolé dans un espace vide, presque un instrument de saloon déserté qui continuerait à jouer seul. « Sleepwalk » clôt l’ensemble dans un mouvement lent et flottant. Le titre lui-même évoque cet état de déplacement sans conscience, entre veille et sommeil, comme si la musique avançait dans une zone de rêve, sans intention claire ni contrôle, mais sans jamais rompre complètement le fil sonore.
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