• 1976 : TéléCoo et l'aventure du télésiège mythique de la cascade de Coo
    May 29 2026
    Nous sommes au printemps 1976. Happy Day pour les familles belges. Non loin de Stavelot s'ouvre aujourd'hui un petit parc à l'attraction naturelle : une cascade. Laissez-moi fouiller dans mes souvenirs. Ah oui, il y a aussi un télésiège. Bienvenue à TéléCoo.

    L'histoire commence bien avant 1976. En 1955, un professeur d'histoire et de géographie de Spa, Gaston Dugardin, a une idée un peu folle. Installer un télésiège sur un terrain marécageux au pied de la cascade de Coo. Il faudra huit procès contre un agriculteur local pour obtenir la fameuse autorisation tant attendue.

    Huit procès, rien que ça. Pour un télésiège.

    Il les gagne TOUS.

    Le télésiège monte jusqu'à 460 mètres d'altitude, au cœur de la colline du Bois d'Ancre. De là-haut, le village de Coo, les hameaux, la centrale hydroélectrique, et la cascade : quinze mètres de dénivelé, creusée au XVIIIe siècle par les moines de l'abbaye de Stavelot pour protéger le village.

    En 1976, le fils de Gaston, Didier Dugardin, reprend le flambeau. Il crée la société TéléCoo. Trois hectares. Une cascade. Un télésiège. Et des milliers de familles belges qui vont faire le voyage.

    Gamin, au début des années 80, j'ai pris le train depuis la Vallée du Geer, avec ma grand-mère. Le train puis un bus, je crois. C'était une expédition. Et en arrivant à Coo, il y avait ce télésiège. Terrifiant ! Ma grand-mère montait avec moi quand même. Et là-haut, la cascade semblait gigantesque. Quinze mètres. Mais quand on a six ou sept ans, c'est le Niagara.

    Le parc était gratuit au départ. Quelques dizaines de francs belges pour le télésiège. Pas de manèges, pas de personnages en peluche. Juste la nature, l'Amblève, et ce télésiège qui faisait battre le cœur de tous les petits Wallons comme moi, là bas, à Coo, près de ma rivière...
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  • 1971 : Bill Withers et le génie accidentel de « Ain't No Sunshine »
    May 28 2026
    Nous sommes le 17 juin 1971. Happy Day pour un musicien américain de 33 ans (pour quelques jours encore). Sur son premier album, "Just As I Am", figure un titre qui va changer sa vie. "Ain't No Sunshine". Traduction ? Pas de soleil…

    Au début des années 70, Bill Withers n'est pas encore une légende. La journée, il travaille dans une usine à Los Angeles. Il fabrique des sièges de toilettes pour le fameux Boeing 747. Le soir, il écrit des chansons, presque en secret.

    L'étincelle vient du cinéma. Il vient de voir "Days of Wine and Roses" / "Le Jour du vin et des roses", avec Jack Lemmon et Lee Remick. Deux êtres qui s'aiment et se détruisent.

    Ce qui le frappe dans ce film, ce n'est pas le drame. C'est l'usure. Le silence. L'absence qui s'installe sans bruit.

    Il rentre. Il prend sa guitare, enchaîne quelques accords mineurs. Et une phrase sort. C’est le titre de la chanson…

    Mais arrive le pont. Et là… plus rien. Withers ne sait pas quoi écrire. Alors il laisse venir ce qui lui traverse l'esprit.

    "I know."

    Il le répète. Encore. Et encore. Vingt-six fois au total.

    En studio, on lui suggère de remplacer ça par de vraies paroles. Il refuse. Parce que cette répétition, c'est exactement ça que ressent quelqu'un qui souffre d'une absence.

    On ne formule pas un discours. On rumine. On tourne en rond. On répète la même pensée, incapable d'avancer.

    Ce blocage devient la signature du morceau.

    La chanson dure à peine deux minutes. Pas d'arrangement excessif, pas de démonstration vocale. Une ligne de basse, une guitare sobre, une voix grave qui ne cherche jamais à impressionner.

    Elle grimpe troisième au Billboard américain. Elle remporte le Grammy de la meilleure chanson R&B en 1972. Et elle s'impose chez nous, en Belgique, bien avant de percer au Royaume-Uni, où il lui faudra des décennies pour entrer dans les classements....
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  • 1974 : Michel Jonasz, l’éclosion de « Dites-moi » et de « Super Nana »
    May 28 2026
    Nous sommes le 1er septembre 1974. Happy Day pour Michel Jonasz. Après des débuts difficiles, il va connaître (coup sur coup) deux très grands succès. Le premier, le tout premier de cordée, a pour titre "Dites-moi".

    Drancy, 1947. Une famille d'immigrants juifs hongrois. Un grand-père cordonnier à Budapest qui chantait des opérettes. Un père violoniste amateur devenu représentant de commerce. La musique, c'est dans le sang… mais pas dans les gènes seulement. C'est une histoire de survie aussi. La mère de Michel et sa sœur ont échappé de peu à la Shoah.

    Il quitte l'école à quinze ans. Peinture, théâtre, musique : il cherche sa voie dans la création. C'est finalement le piano qui lui met le pied à l'étrier. En 1966, il fonde le groupe King Set avec son ami Alain Goldstein.

    Les débuts sont lents. Un 45 tours en 1968 sous le nom de Michel Kingset. Un single en 1970. La Rose d'or d'Antibes en 1972.

    Et puis, septembre 1974. "Dites-moi"

    Les paroles sont de Franck Thomas. La musique de Jonasz, lui-même. Enregistré aux studios CBE de Paris.

    Il y a dans ce refrain quelque chose d'une simplicité déchirante...

    "Dites-moi, même qu'elle est partie pour un autre que moi. Mais pas à cause de moi."

    Sur la face B du 45 tours, une autre chanson. Signée Jean-Claude Vannier. Elle s'appelle "Super Nana".

    "Super Nana" deviendra sur scène le titre fétiche de Jonasz. Celui qu'on attend. Celui qu'il garde pour la fin. Deux chansons sur un même disque. Et une carrière qui décolle ENFIN en 1974.

    Michel Jonasz a 27 ans. Il vient de trouver son public. Et son public va désormais partager sa mélancolie et son amour du jazz...
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  • 1968 : Max la Menace, l’agent secret le plus gaffeur de la télévision
    May 27 2026
    Nous sommes le 8 septembre 1968. Happy Day pour les familles qui ont la chance d'avoir un téléviseur dans le salon. Sur la 2e chaîne française, c'est l'événement. Une nouvelle série venue des États-Unis va captiver la Belgique entière...

    Max la Menace. En version originale, "Get Smart". Créée par Mel Brooks, oui, le futur réalisateur de "Blazing Saddles" et "Young Frankenstein".

    Max, ce sont 138 épisodes de 25 minutes. Et un agent secret qui ne ressemble à aucun autre.

    Maxwell Smart. Agent 86. Il travaille pour CONTROL, organisation de contre-espionnage qui affronte les maléfiques projets de KAOS.

    KAOS, c'est une organisation créée en 1904 à Bucarest. Pour répandre le chaos, évidemment.

    Face à cette menace mondiale, CONTROL envoie son meilleur homme.

    Enfin... son meilleur homme disponible.

    Max n'est pas exactement James Bond. Il rate autant qu'il réussit. Il se prend les pieds dans le tapis, au sens propre comme au figuré. Mais il a un téléphone dans sa chaussure. Et une partenaire, l'Agent 99, une femme dont on ne connaîtra jamais le vrai nom.

    Il y a aussi le Chef, qui lui confie ses missions avec une patience d'ange. Et K-13, un chien agent secret.

    La série débarque aux États-Unis en 1965 sur NBC. Trois ans plus tard, elle traverse l'Atlantique. Et ce soir, les familles belges découvrent Max, ses gadgets improbables, ses gaffes monumentales et son flegme imperturbable.

    Vous l'aurez un peu compris. C'est une parodie de James Bond. C'est drôle pour les enfants. C'est drôle pour les adultes. La série va d'ailleurs s'installer durablement dans la culture populaire et être rediffusée durant toutes les années 70 et même 80.

    Max la Menace. Agent 86. Toujours partant. MAIS... rarement au point.
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  • 1972 : Le Dernier Tango à Paris, le scandale qui a foudroyé le cinéma
    May 26 2026
    Nous sommes le 15 décembre 1972. Happy Day dans les cinémas de Belgique et de France. Un film à scandale va faire parler de lui de Waterloo à La Panne. Présenté à la Mostra de Venise quelques mois plus tôt, il réunit Marlon Brando et Maria Schneider à l'écran.

    Son titre : Le Dernier Tango à Paris.

    L'histoire est simple. Brutale. Un appartement du 16e arrondissement de Paris, au-dessus du pont de Bir-Hakeim. Un Américain d'une quarantaine d'années, Paul. Une jeune Française, Jeanne. Ils se retrouvent là par hasard, pour visiter le même appartement à louer. Et sans se connaître, sans même échanger leurs noms, ils font l'amour.

    Paul loue l'appartement. Ils s'y retrouveront, encore et encore. Sans passé. Sans avenir. Juste cet endroit, ces volets clos, et une violence qui monte.

    Dehors, chacun a sa vie. Paul vient de perdre sa femme, suicidée. Jeanne prépare son mariage.

    Dedans, tout ça disparaît.

    Aussi incroyable que cela puisse paraître : Bertolucci a laissé Marlon Brando improviser. Intégrer des fragments de sa propre vie. Ce qu'on voit à l'écran, c'est parfois Brando lui-même, pas seulement son personnage. Ça se sent. Ça dérange.

    Le film est interdit aux moins de 18 ans à sa sortie. Certains critiques sont écœurés. D'autres parlent de chef-d'œuvre. En Italie, Bertolucci sera condamné... et temporairement privé de ses droits civiques.

    Mais les salles sont pleines. Partout en Europe. En Belgique comme ailleurs.

    Et Marlon Brando, dont la carrière s'essoufflait depuis quelques années, retrouve d'un coup toute sa puissance.

    La bande originale, elle, est signée Gato Barbieri. Un saxophoniste argentin. Ce tango qui revient, lancinant, tout au long du film.
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  • 1966 : Michel Polnareff et le secret rock de « La Poupée qui fait non »
    May 25 2026
    Nous sommes le 26 mai 1966. Happy Day pour un pianiste et mélodiste encore inconnu du grand public. Aujourd'hui, Michel Polnareff dévoile son premier disque. Étrange titre que celui choisi par son label : "La Poupée qui fait non".

    Et c'est à la guitare qu'on retrouve le futur amiral...

    Michel Polnareff. Lunettes rondes, cheveux bouclés, costume blanc. Un personnage qui ne ressemble à personne en 1966. Et une chanson qui, en apparence, parle d'une poupée.

    Les paroles de Frank Gérald sont a priori anodines : une poupée qui dit non, qui dit oui, qui fait semblant. Mais derrière cette image enfantine, c'est la libération sexuelle des jeunes filles dont il est question. Au milieu des années 60, on ne dit pas ces choses-là directement. On les glisse derrière... une poupée.

    Musicalement, c'est d'une simplicité redoutable. Une seule mélodie. Trois accords majeurs. Mi, La, Ré. Et pourtant, ça accroche immédiatement.

    Mais voilà LE détail qui change tout. En studio, ce jour-là, qui joue de la guitare ? Un certain Jimmy Page. Et qui tient la basse ? Un certain John Paul Jones.

    Oui, oui. Les deux futurs piliers de Led Zeppelin. En musiciens presque anonymes, sur le premier single d'un Français inconnu.

    200 000 exemplaires vendus. Rapidement. Le succès est immédiat.

    Et Polnareff, flairant le filon international, enregistre la chanson en espagnol, en italien et en allemand !

    "Meine Puppe sagt non".

    La poupée dit non dans toutes les langues.

    Histoire de délier les langues justement.

    Un peu de provocation, de libération sexuelle.

    Ça y est, le style Polnareff est né !
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  • 1980 : Marie-Pierre Casey et le culte de la publicité Pliz
    May 22 2026
    Nous sommes en 1980. Happy Day pour les ménagères, un produit d'entretien va rapidement entrer dans la légende, tout la comédienne qui l'incarne dans la publicité télé... tournée fin 1979.

    La marque, c'est Pliz - Fée du Logis.

    Un produit d'abord destiné au nettoyage et au lustrage du plastique, du verre et du bois verni.

    Et pour l'incarner, une certaine Marie-Pierre Casey.

    C'est une figure incontournable dans les pièces de boulevards parisiennes des années 1970.

    Vous allez immédiatement reconnaître sa voix..

    Et dire qu'à 15 ans, elle commence sa carrière en décrochant un petit rôle de religieuse à la fin du film J"eux interdits" de René Clément.

    C'est la télévision qui va starifier Marie-Pierre Casey en comédienne populaire.

    Aux heures de grande écoute, la France et la Belgique découvrent un spot publicitaire pour Pliz.

    Elle glisse littéralement, non sans un certain érotisme, sur une table parfaitement nettoyée grâce à (je vous le donne en mile) la petite bombe Pliz Fée de Logis.

    Cette réplique « Et c'est tant mieux, parce que j' f'rais pas ça tous les jours ! » fait l'objet d'un véritable culte.

    Le spot publicitaire obtiendra une foule de récompenses, dont un lion d'argent au festival international du film publicitaire de Cannes.

    Elle recevra aussi, à Hollywood, le prix Minerve de la meilleure actrice dans une publicité télévisée.

    En 1981, Stéphane Collaro l'engagera dans son émission sur Europe 1.

    Elle sera ensuite madame Tussaud dans le film L'Été meurtrier (en 1983) aux côtés d’Isabelle Adjani et Alain Souchon....
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  • 1976 : Marie Myriam, de l’envol de « Ma colombe » au sacre de l’Eurovision
    May 21 2026
    Nous sommes en septembre 1976. Happy Day pour Marie Myriam. La chanteuse sort aujourd'hui son tout premier 45 tours. Il a pour titre "Ma colombe" et va lancer sa carrière, à la fois en France, en Belgique et même au Canada...

    Les paroles sont écrites par Bob Dupac, qui a notamment écrit pour Charles Aznavour...

    Marie Myriam n'est pas son vrai nom. Elle s'appelle encore Myriam Lopes. Elle est née en 1957 au Congo belge, dans une famille portugaise. Enfance africaine, mais à six ans, direction Paris.

    Les parents transforment un hôtel vétuste du 20e arrondissement en restaurant. Chaque soir, des chanteurs de fado s'y produisent. Et un soir, parmi les clients, un auteur-compositeur remarque la petite Myriam. Il s'appelle Jean-Paul Cara. Il entend quelque chose dans sa voix.

    C'est lui qui signe la musique de "Ma colombe". C'est lui AUSSI qui lui présente un auteur. Myriam Lopes se trouve un nom de scène : ce sera Marie Myriam.

    Le disque connaît un succès correct en France et au Québec. Pas un triomphe. Mais un début prometteur.

    À l'époque, Marie Myriam a 19 ans. Mais ce que personne ne sait encore en ce mois de septembre 1976, c'est ce qui va se passer exactement un an plus tard.

    1977. Le Concours Eurovision de la chanson. Et Marie Myriam qui monte sur scène avec "L'Oiseau et l'Enfant".

    Petite anecdote pour la route, avant la grande soirée de l’Eurovision, les deux demi-finales et la finale ont été présentées par Évelyne Leclercq, Yves Lecoq et Patrick Sébastien. Un homme avec qui elle se fiancera en 1978…deux ans après avoir pris son tout premier envol avec “La colombe”...
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