• 1970 : Bob Morane dans "Commando épouvante"
    Feb 20 2026
    Nous sommes au début du mois d'octobre 1970.

    Happy Day pour les fans de Bob Morane. Les éditions Gérard et Cie diffusent le 100e roman de la série écrite par l'auteur belge Henri Vernes.

    Son titre : "Commando épouvante".

    Et cette fois, attention... Bob Morane meurt.

    Oui, vous avez bien entendu. Le héros invincible, l'aventurier intrépide, l'homme qui a survécu à tout depuis 1953, trouve la mort.

    Bob Morane, c'est un peu le joyau de la carrière d'Henri Vernes. Il se confie à FR3...

    Revenons au 100e roman.

    Bob est en compagnie de miss Ylang-Ylang, qui lui avoue ses sentiments dans ses derniers instants.

    Juste avant, Bill, son fidèle compagnon, a été saigné à blanc par des vampires géants.

    Un scénario digne d'un film d'horreur. Une fin tragique. Sauf que...

    Tout cela n'est qu'une simulation.

    Une mise en scène orchestrée par la CIA pour préparer Bob Morane à une expédition au Brésil.

    "Commando épouvante" est publié en roman, je le disais, mais c'est la bande dessinée, signée William Vance, qui va solidement marquer les esprits.

    Vance donne à "Commando épouvante" une atmosphère particulière. Sombre. Presque cauchemardesque.

    Ce 100e épisode n'est pas une fête. C'est une épreuve.

    Pour le lecteur de 1970, qui découvre cette BD en octobre, le choc est réel.

    Voir Bob Morane mourir, même dans un contexte de test psychologique, c'est troublant. C'est une fissure dans l'armure du héros. Et quel héros !

    Ce fan le compare à un autre aventurier...

    "Commando épouvante" reste aujourd'hui l'une des aventures les plus atypiques de la série.

    Elle inaugure aussi une période plus sombre, plus mature, dans l'univers de Bob Morane. Les années 70 vont explorer des territoires plus étranges, plus inquiétants.
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  • 1964 : Astrud Gilberto et "The Girl from Ipanema"
    Feb 19 2026
    Nous sommes le 1er mars 1964.

    Happy Day dans un studio new-yorkais. Ce jour-là s'enregistre un disque qui va faire le tour du monde. Un 45-tours extrait de l'album "Getz/Gilberto". Son titre : "The Girl from Ipanema".

    La fille d'Ipanema.

    Une chanson qui va devenir LE standard de la bossa nova. Et derrière ce titre envoûtant, une voix : celle d'Astrud Gilberto.

    À l'origine, cette chanson n'est pas américaine.

    Elle a été écrite en 1962 au Brésil.

    Ipanema, c'est une plage de Rio de Janeiro. Et la chanson raconte l'histoire d'une jeune femme qui passe chaque jour devant un bar. Belle. Élégante. Indifférente aux regards qu'elle suscite.

    Une silhouette qui disparaît dans la foule. Peut-être même un fantasme.

    En mars 1963, dans un studio de New York, le saxophoniste américain Stan Getz enregistre l'album "Getz/Gilberto" avec le guitariste brésilien.

    Ce dernier chante d'abord la version portugaise.

    Pour toucher le public américain, il faut une version anglaise.

    C'est là qu'intervient Astrud Gilberto, la femme de João.

    Elle n'est pas chanteuse professionnelle. Elle est là par hasard. Mais elle parle anglais. Alors on lui demande de chanter. Juste pour essayer.

    Elle enregistre. Une prise. Une seule. Sa voix est douce, presque timide. Fragile. Mais elle colle parfaitement à l'esprit de la chanson.

    Le titre grimpe dans les classements américains. Il entre dans les radios du monde entier. En France, en Belgique, partout, on découvre cette bossa nova légère, ensoleillée, hypnotique.

    En 1965, "The Girl from Ipanema" remportera le Grammy Award du meilleur disque de l'année.

    Astrud Gilberto, qui n'était pas chanteuse, devient une star mondiale.

    Pour elle, tout commence ce 1er mars 1964, sur une plage de Rio, dans un studio à NY...
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  • 1979 : "Je n'ai pas changé", premier tube francophone de Julio Iglesias
    Feb 18 2026
    Nous sommes début janvier 1979.

    Happy Day pour Julio Iglesias. Un nouveau disque sort dans les bacs (comme on dit désormais). Un 45-tours qui marque un tournant : pour la première fois, il chante entièrement en français.

    Le titre qui va lui ouvrir les portes du monde francophone, c'est "Je n'ai pas changé".

    À 35 ans, Julio Iglesias n'est déjà plus un inconnu.

    En Espagne, en Allemagne, en Amérique du Sud, c'est une star. Mais en France et en Belgique, il reste du travail.

    Alors, on met les grands moyens et on engage quelques choristes...

    Derrière cette chanson douce, presque nostalgique, il y a une histoire incroyable, celle de Julio !

    Celle d'un gardien de but du Real de Madrid qui se casse la jambe. Un accident qui aurait pu briser une carrière sportive... mais qui va en lancer une autre, bien plus lucrative.

    En 1970, il représente l'Espagne à l'Eurovision avec "Gwendoline" et termine quatrième. Pas de victoire, mais une rampe de lancement.

    À partir de 1976, le public français commence à l'adopter avec "Ce n'est qu'un au revoir", coécrit par Pierre Delanoë et Laurent Rossi, le fils de Tino.

    Mais c'est vraiment avec "Je n'ai pas changé" que tout va basculer.

    Ce qui frappe, c'est sa capacité à chanter dans cinq langues couramment. Espagnol, anglais, français, allemand, portugais. Il s'adapte à chaque public, à chaque culture.

    Un an plus tard, le 26 janvier 1980, consécration.

    L'émission "Numéro un" sur Antenne 2 consacre toute une soirée à Julio Iglesias. Il y interprète "Je n'ai pas changé" devant des millions de téléspectateurs français, suisses et belges.

    Ce soir-là, Julio Iglesias devient définitivement une star francophone.

    Bien plus tard, bien avant les polémiques fiscales et autres, Julio deviendra l'artiste latin ayant vendu le plus de disques dans le monde.... et certains disent que malgré tout ça, il n'a pas changé !
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  • 1976 au cinéma : "Un éléphant ça trompe énormément"
    Feb 17 2026
    Nous sommes le 22 septembre 1976.

    Happy Day pour les Belges. Quelques jours à peine après sa sortie parisienne, un film débarque dans les salles belges. Son titre est une énigme : "Un éléphant ça trompe énormément".

    Réalisé par Yves Robert, avec Jean Rochefort, Claude Brasseur, Guy Bedos et Victor Lanoux, ce film va marquer toute une génération.

    À l'écran, quatre amis quadragénaires, bobos avant l'heure, vivent leur existence tranquillement. Jusqu'au jour où Étienne — joué par Jean Rochefort — tombe amoureux d'une jeune femme. Lui, le père de famille comblé, se retrouve partagé entre cette nouvelle idylle et les histoires compliquées de ses trois copains.

    Jean Rochefort sous l'emprise d'Anny Duperey...

    "Un éléphant ça trompe énormément" n'est pas une comédie burlesque où l'on rit du début à la fin. Non. C'est une comédie de mœurs. Douce-amère. Souvent tendre. Quelquefois noire.

    Yves Robert filme le quotidien, le banal, les petites lâchetés, les grandes amitiés. Il montre des hommes qui mentent, qui souffrent, qui se soutiennent. Des personnages imparfaits.

    Jean Rochefort incarne Étienne avec ce mélange de maladresse, de mauvaise foi et de lâcheté qui le rend terriblement humain. Victor Lanoux joue Bouli, le rustre macho qui trompe allègrement sa femme... Claude Brasseur, lui, livre un rôle à double face : viril en apparence, mais rongé par un secret. Il cache son homosexualité à ses amis. Et cette contradiction, ce mensonge permanent, le fait souffrir. Un rôle courageux pour l'époque, traité avec humanité, sans caricature.

    Et puis il y a Guy Bedos, assisté par sa mère (Marthe Villalonga) en mamma centrale, puissante, ultra-présente. Ils s'entre-dévorent, s'aiment avec un gros cœur et de gros poumons, à voix haute...

    Un film millimétré, avec des personnages fouillés et des dialogues piquants. L'adultère d'Étienne sert de fil rouge pour dépeindre les petits mondes satellites de chacun.

    Enfin, il y a… la musique ! La grande musique ! Vladimir Cosma signe une bande originale, elle aussi, millimétrée. Le thème principal est léger et mélancolique, il accompagne parfaitement les rêveries d'Étienne. Comme ce petit morceau qui revient sans cesse, avec les sonorités des vagues et des mouettes, quand Rochefort part dans.... ses fantasmes érotiques.
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  • "La Mamma" d'Aznavour : l'hommage qu'il ne voulait pas chanter en 1963
    Feb 16 2026
    Nous sommes le 24 octobre 1963.

    Happy Day dans un studio parisien. C'est un exploit. Charles Aznavour enregistre une chanson qu'il avait pourtant refusé d'interpréter. "La Mamma".

    L'histoire commence quelques mois plus tôt.

    Robert Gall vient de perdre sa maman. Dévasté, il écrit un texte en hommage à cette femme qui l'a élevé seul après la mort de son père pendant la Première Guerre mondiale.

    Un texte poignant. Presque insoutenable.

    Il raconte l'agonie d'une vieille mère italienne, entourée de ses enfants et petits-enfants. Une scène de mort. Mais une scène d'amour aussi.

    Guitare acoustique. Direction l'Italie...

    Robert Gall cherche un compositeur. Il propose le texte à Charles Aznavour.

    Aznavour lit. Compose une mélodie. Mais refuse de l'interpréter.

    Trop de pathos, dit-il. Trop lourd. Trop théâtral.

    La chanson est d'abord enregistrée par "Les Compagnons de la chanson" en 1965.

    On reprend au début...

    C'est sa sœur Aïda qui va convaincre Charles de revenir sur sa décision.

    Elle insiste. Il cède.

    Le 24 octobre 1963, Aznavour entre en studio sous la direction de Paul Mauriat. Et là... tout bascule.

    Il raconte. Il joue. Il habite chaque mot. Là où les compagnons récitaient un texte, Aznavour partage. Il joue.

    Avec son talent pour la théâtralisation, il transforme "La Mamma" en scène de cinéma. Une agonie en trois minutes.

    Le succès, lui, est foudroyant.

    En quelques mois, "La Mamma" devient l'un des triomphes de l'année 1964. Plus de 1 215 000 disques vendus. Un succès en France, mais aussi en Belgique, en Suisse, au Canada... et en Italie.

    En ce happy day du 24 octobre 1963, Aznavour enregistre bien plus qu'une chanson.

    Il immortalise un amour maternel. Celui de Robert Gall pour sa mère. Et au fond, l'amour maternel universel...
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  • 1969 : "Que je t'aime", un nouveau Johnny Hallyday
    Feb 13 2026
    Nous sommes le 23 juin 1969.

    Happy Day pour le tout puissant Johnny Hallyday. Ce jour-là sort un 45-tours qui va marquer un tournant dans sa carrière.

    Jusqu'ici, Johnny, c'est le rock'n'roll. L'énergie. La scène. Les reprises américaines francisées. Le bad boy du twist.

    Mais, à quelques jours de l'été 1969, quelque chose va changer.

    L'année érotique donne des idées au mari de Sylvie.

    "Que je t'aime" n'est pas une chanson pour faire danser.

    C'est une ballade. Lente. Avec des mots qui viennent des tripes.

    La chanson est signée Gilles Thibaut pour les paroles et Jimmy Page pour la musique... Non, pas LE Jimmy Page de Led Zeppelin. Un homonyme, compositeur français bien moins connu.

    Ce qui frappe tout le monde en studio durant l'enregistrement au printemps 69, c'est l'interprétation de Johnny.

    Il ne chante pas. Il murmure. Il supplie. Il avoue.

    Les paroles parlent d'une femme qu'il aime à en crever. D'un amour possessif, maladif, dévorant.

    Je l'ai dit, à l'époque, Johnny vit une histoire passionnée avec Sylvie Vartan, qu'il a épousée en 1965. Leur couple fascine la France entière. Et "Que je t'aime" sonne comme une déclaration publique, presque embarrassante de sincérité.

    Le succès est immédiat.

    "Que je t'aime" se classe numéro un en France et en Belgique. Le rockeur devient baladin. L'idole des jeunes devient un homme qui avoue ses faiblesses.

    Quelques mois plus tard, en 1970, Johnny chantera "Que je t'aime" à l'Olympia dans une version encore plus intense... qui fera date.

    L'air de rien, ce titre inaugure ce qu'on appellera bientôt le "Johnny à texte". Celui des grandes ballades dramatiques, des orchestrations amples et des refrains perlés de sueur...
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  • 1977 : RTBis, la petite deuxième chaîne belge publique
    Feb 12 2026
    Nous sommes le 26 mars 1977.

    Happy Day pour les foyers belges francophones. Ce soir-là, à 20 heures, une nouvelle chaîne apparaît sur les écrans. Elle s'appelle RTBis. La "deuxième chaîne" de la RTB vient de naître.

    Au départ, rien de spectaculaire.

    RTBis n'émet que deux soirs par semaine : le lundi et le mercredi, de 20 heures à 22 heures. Au programme : du théâtre de niche. Modeste. Et quand je dis théâtre, je n'ai pas précisé un détail : du théâtre WALLON !

    Derrière cette naissance discrète, il y a une stratégie.

    Officiellement, RTBis doit diffuser les émissions régionales produites par les centres TV de Liège et Charleroi, ainsi que des programmes d'éducation des adultes.

    Mais en réalité, l'enjeu est ailleurs.

    RTBis occupe l'ancien réseau d'émetteurs noir et blanc de la première chaîne, reconverti à la couleur. Et la RTB veut à tout prix garder la main sur ce réseau. Éviter qu'une chaîne commerciale ne vienne un jour le revendiquer.

    RTBis, c'est d'abord une question de territoire.

    Les premières années, la chaîne reste sage.

    Fin 1979, elle change de nom.

    Elle s'appellera désormais Télé 2.

    Générique !

    Et là, tout s'accélère. La programmation devient plus événementielle. Plus sportive. Télé 2 se positionne comme la chaîne des grands rendez-vous que la Une ne peut pas assumer seule.

    Pendant qu'une émission populaire occupe la Une, Télé 2 propose autre chose. Du sport. De l'événement. Du direct.

    Anecdote marquante : le 16 octobre 1983, un vent violent à 130 km/h abat l'un des pylônes de la RTBF à Wavre. Un pylône de 315 mètres de haut.

    Résultat : 100 000 téléspectateurs privés de Télé 2... pendant un an.

    La petite deuxième chaîne qui apprend à marcher vient de perdre une jambe.

    Mais elle tiendra bon.

    Télé 2 disparaîtra en 1988 pour laisser place à... Télé 21.
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  • 1960 : "A Fool in Love" et la naissance d'Ike & Tina Turner
    Feb 11 2026
    Nous sommes le 7 août 1960.

    Happy Day électrique dans un studio d'enregistrement californien. Ce jour-là sort un disque qui va tout changer pour deux artistes encore inconnus du grand public. Ils sont américains. Le titre : "A Fool in Love". Derrière ce premier single, deux inconnus : Ike et Tina Turner.

    À l'origine, cette chanson n'est pas prévue pour Tina.

    Ike l'a écrite pour Art Lassiter, un chanteur venu de Caroline du Nord.

    Problème : lors de l'enregistrement, ce dernier ne se présente pas.

    Tina, alors simple choriste, est là.

    Ike lui demande de faire une maquette. Juste pour poser la voix. Histoire d'avoir quelque chose à présenter.

    Et là... c'est la révélation...

    Une voix. Puissante. Déchirante. Sauvage. La choriste vient de bluffer tous ceux qui sont en studio.

    Ike comprend immédiatement qu'il tient quelque chose. La maquette devient l'enregistrement définitif. "A Fool in Love" est né.

    Et le succès est.... immédiat.

    Le titre grimpe jusqu'à la 1ère place du classement R&B aux États-Unis. Il atteint même la 27e place du Billboard Hot 100, fait rarissime pour un premier disque.

    Ce qui frappe les radios et le public, c'est cette intensité brute. Tina Turner ne chante pas : elle hurle, elle supplie, elle transpire. Une énergie qui tranche complètement avec les productions lisses de l'époque.

    Derrière cette voix, il y a déjà une histoire.

    Tina sa 20 ans. Elle chante depuis l'enfance dans les églises. Et elle vient de rencontrer Ike Turner, musicien ambitieux, dur en affaires... et bientôt son mari.

    Avec "A Fool in Love", Ike et Tina Turner ne forment pas encore vraiment un duo au sens où on l'entendra plus tard. Mais le nom est posé. L'image commence à se construire. Et surtout, une carrière démarre. Tina apprend à tenir une scène, à dominer un public, à devenir ce qu'elle sera : une tornade...
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