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L'OBSERVATOIRE VOUS PARLE !

L'OBSERVATOIRE VOUS PARLE !

By: INSTITUT NEOQUEBEC
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" L'OBSERVATOIRE VOUS PARLE !" est un podcast produit par l'Institut Neoquébec en collaboration avec L'observatoire des communautés noires (organe du Sommet Jeunes Afros) qui a pour objectif de vulgariser et valoriser la mission de l'Observatoire. L'objectif ultime à travers ce podcast collaboratif est de "rapprocher l'Observatoire des communautés qu'il déssert" par le biais d'entrevues, de reportages pour la promotion de ses travaux et de ses projets majeurs. Animé et co-réalisé par Cyrille Ekwalla, un extrait du podcast est diffusé sur les ondes de la radio montréalaise CIBL 101.5 F ( https://cibl1015.ca (https://cibl1015.com)) tous les derniers dimanches de chaque mois dans l'émission NEOQUÉBEC. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.INSTITUT NEOQUEBEC Political Science Politics & Government
Episodes
  • LA PHILANTHROPIE ET LES COMMUNAUTÉS NOIRES DU QUÉBEC
    Jan 29 2026

    Dans cet épisode du podcast L’Observatoire vous parle, animé par Cyrille Ekwalla, Belinda Bah (Observatoire des Communautés Noires du Québec), Catherine Fisette (Fondation du Grand Montréal – Signes vitaux) et Linda Tchombé (ex-FGM, aujourd’hui Fondation de la Rue des Femmes) discutent de la philanthropie des communautés noires au Québec : sa perception, ses pratiques et les pistes d’action issues d’une étude publiée dans le cadre des Signes vitaux du Grand Montréal.

    Le point de départ est un constat : dans l’imaginaire collectif, le “philanthrope” ressemble encore à un prototype (souvent un homme, blanc, fortuné). Cette représentation rend la philanthropie noire peu visible et contribue à un phénomène interne : beaucoup de personnes noires ne se reconnaissent pas comme philanthropes, alors qu’elles donnent du temps, de l’argent et des biens de multiples façons. Linda insiste : l’enjeu n’est pas un manque de générosité, mais une invisibilisation liée aux codes dominants et au fait que le mot “philanthropie” ne correspond pas toujours aux références culturelles. Belinda Bah rappelle qu’ailleurs, on parle plutôt de logique communautaire (ex. Ubuntu) : contribuer est un geste normal de solidarité, pas un statut.

    Les invitées expliquent ensuite la démarche : une méthodologie participative (mise en place d’un groupe de travail au printemps 2024) puis un volet quantitatif (sondage) et qualitatif (entrevues) pour comprendre les pratiques réelles derrière les chiffres. Un résultat-clé illustre le décalage : 87,9 % des répondants avaient donné dans l’année, mais une personne sur deux seulement se disait philanthrope. Pourquoi ? Parce que de nombreuses contributions sont informelles et rarement comptabilisées : entraide directe, mentorat, bénévolat, dons de biens (nourriture, vêtements), soutien religieux, et surtout transferts vers le pays d’origine ou vers la famille — des dons sans reçu, sans reconnaissance institutionnelle, mais parfois importants au regard du revenu.

    Catherine Fisette souligne une conclusion structurante : il y a une absence criante de données sur cette philanthropie, ce qui empêche sa pleine reconnaissance et limite les politiques ou pratiques adaptées. Belinda Bah relie aussi le sujet à la question du “recevoir” : des travaux antérieurs montrent une sous-représentation des organisations dirigées par des Noirs dans les dons des grandes fondations. Parmi les freins évoqués : ressources financières limitées, méfiance quand la transparence est perçue comme insuffisante, et, côté organismes, tensions d’accès au financement (information, réseaux, compréhension des codes de l’écosystème).

    Enfin, toutes convergent sur l’impact d’une reconnaissance réelle : changer les perceptions, élargir l’idée même de philanthropie (au-delà du “gros chèque”), mobiliser davantage de moyens, et surtout redonner du pouvoir aux personnes et aux communautés. Se dire philanthrope, c’est s’approprier un terme valorisé socialement, et assumer une contribution déjà réelle à la société québécoise. L’épisode se termine sur un appel à poursuivre le dialogue (notamment via un rendez-vous public annoncé par la FGM) et sur une idée directrice : reconnaître la philanthropie des communautés noires, c’est reconnaître une force collective de solidarité, de dignité et d’autodétermination, et bâtir un écosystème philanthropique plus juste et représentatif du Québec d’aujourd’hui.


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    53 mins
  • LES PERSONNES NOIRES FACE À LA PROBLÉMATIQUE DU LOGEMENT AU QUÉBEC
    Dec 11 2025

    Ce 4ᵉ épisode du podcast « L’Observatoire vous parle » est consacré à la crise du logement vécue par les personnes noires au Québec. Cyrille Ekwalla y reçoit le Pr Félix Zogning, économiste à l’Université de Sherbrooke, et le Docteur en ethnologie Patrick Minko, chercheur à l’Observatoire des communautés noires du Québec.


    Deux études complémentaires y sont présentées. La première, quantitative, exploite les microdonnées du recensement 2021 de Statistique Canada pour analyser 900 000 ménages au Québec selon 16 indicateurs : accès, qualité et coût du logement. La seconde, qualitative, croise des récits de vie pour mettre des visages et des histoires derrière les chiffres.


    Les résultats sont clairs : les ménages noirs sont structurellement désavantagés. Environ 40 % seulement sont propriétaires, contre plus de la moitié dans l’ensemble du Québec. Ils vivent davantage dans de grands blocs d’appartements, plus rarement dans des maisons unifamiliales, et comptent presque deux fois plus de familles monoparentales, le plus souvent des femmes seules avec enfants. Leur logement est souvent de moindre qualité, mais plus coûteux : en moyenne 1 342 $ par mois contre 1 166 $ pour l’ensemble des ménages, avec une part nettement plus grande de foyers qui dépassent le seuil de 30 % du revenu consacré au loyer. Même en tenant compte du revenu, de la scolarité ou de la situation familiale, l’origine noire demeure un facteur explicatif majeur des inégalités observées.


    Du côté des vécus, Patrick Minko documente une discrimination récurrente : rendez-vous annulés dès que le propriétaire voit la couleur de peau, propos humiliants, retards dans les réparations, demandes illégales de dépôts ou de garants, pressions pour quitter le logement, poussée vers certains quartiers. Face à cela, les personnes développent tantôt des stratégies d’adaptation et de bricolage, tantôt un sentiment d’impuissance, nourri par une méconnaissance de leurs droits et un manque d’information sur les recours possibles.


    En conclusion, les deux membres du Groupe de recherche en économie mis en place par l'Observaytoire des communautés noires du Québec appellent à des politiques de zonage plus inclusives, à davantage de logements sociaux, au renforcement des organismes d’accompagnement et à une meilleure éducation juridique des locataires, notamment via un guide pratique produit par l’Observatoire.


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    53 mins
  • LES NOIRS DANS LES ORGANISMES PUBLICS AU QUÉBEC AVEC EDOUARD STACO
    Nov 6 2025

    Ce 3ème épisode de "L'Observatoire vous parle" avec pour invité Édouard Staco, président du Sommet pour le Développement Socioéconomique des Jeunes Noirs (SDESJ) et de l’Observatoire des communautés noires, porte sur une étude récente consacrée à la représentation des personnes noires au sein des organismes publics québécois.


    L’objectif est de mesurer dans quelle mesure les institutions financées par l’ensemble des citoyens reflètent la diversité de la population, tant en effectifs globaux qu’aux postes d’influence.


    La méthodologie adoptée est scientifique : 258 organisations publiques ont été ciblées (ministères, grandes municipalités, sociétés d’État). Les chercheurs ont suivi rigoureusement les procédures de la Commission d’accès à l’information afin de documenter chaque demande. Pourtant, seulement 124 organisations ont fourni des données exploitables concernant les minorités visibles, malgré l’obligation légale. L’absence de réponse, parfois volontaire, montre des failles dans la loi actuelle, peu contraignante et peu uniforme.


    Pire encore, seules 38 organisations ont fourni des données exploitables spécifiquement sur les personnes noires, alors qu’il n’existe aucun interdit juridique à ce type de collecte.


    Cette rareté de données empêche de bien comprendre les dynamiques d’embauche et de progression de carrière. Même parmi les répondants – souvent ceux dont les chiffres sont les moins défavorables –, la représentation des personnes noires demeure faible : environ 7 % de l’effectif global, mais seulement 2 % aux postes de cadres, et autour de 1 % au sein des ressources humaines, secteur pourtant clé pour changer les pratiques internes.


    Certaines classifications, comme « minorité visible », masquent les réalités propres aux communautés noires : notamment un rattrapage salarial absent même sur trois générations, et une quasi-absence en médecine malgré de bons taux globaux chez d’autres groupes. À l’inverse, la surreprésentation dans la sécurité privée gonfle artificiellement la moyenne.


    Les données révèlent un gradient constant : plus on monte en hiérarchie, plus la présence noire s’efface. Les secteurs de l’éducation, de la culture ou des municipalités sont particulièrement faibles.


    Edouard Staco souligne que la volonté politique, la transparence, et éventuellement des mesures contraignantes sont nécessaires pour corriger des inégalités structurelles qui affectent la cohésion sociale et l’ascension économique.


    Enfin, il invite les citoyens à consulter, partager et utiliser ces données comme levier de changement, afin qu’un jour, ces constats appartiennent au passé.


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    42 mins
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