• La chanteuse arménienne Victoria Alexanyan, au festival Jazz à Vienne
    Jul 1 2026

    Née en Arménie, la chanteuse Victoria Alexanyan a compris la richesse de cette culture en déménageant en France, il y a huit ans. Après une enfance, une adolescence et un début de vie adulte dans son pays natal, c'est en quittant ses terres que l'or qu'elle avait entre les mains lui est apparu comme une évidence. Aujourd'hui, elle met ses origines en avant en musique, notamment avec son premier album intitulé Vishap, qu'elle a présenté en live cette semaine au festival Jazz à Vienne.

    RFI : Quelle est la place des musiques arméniennes dans votre vie ? Dans votre enfance peut-être, votre adolescence, et quelle place elle a chez vous aujourd'hui ?

    Victoria Alexanyan : C'est très intéressant, parce que quand j'étais petite, ma grand-mère écoutait beaucoup de musique arménienne et moi, je ne comprenais pas, je disais « mais qu'est-ce que t'écoutes, mamie ? ». C'était un peu la musique des vieux pour moi. Et depuis que je suis arrivée en France, maintenant je l'appelle, je lui demande de me rappeler tel ou tel morceau, ça a vraiment fait un déclic en fait.

    Maintenant je me mets à chercher vraiment de vieilles musiques, des chants qu'on connaît très peu finalement. Il y a un site qui s'appelle « Treasure of Armenian Music », il donne accès à des enregistrements de vieilles musiques arméniennes. Je passe tout mon temps dessus pour chercher des mélodies ou des choses que je ne connais pas encore.

    Votre musique évoque notamment l'histoire de l'Arménie. Que racontent vos paroles, vos textes sur ce sujet ?

    Dans Vishap, qui est à la fois le nom de l'album, mais aussi le titre du premier morceau d'introduction, c'est dédié aux femmes qui vivent encore dans les sociétés très patriarcales, comme l'Arménie entre autres, qui portent ce fardeau comme un gros caillou sur le dos. J'ai l'espoir qu'elles vont se libérer de ça. Parce que j'ai grandi en Arménie, et que pour moi notamment le milieu du jazz et de la musique sont très masculins. C'est un vrai sujet dont on peut discuter des heures et des heures.

    Votre morceau intitulé « L'eau coule du haut de la montagne » évoque la philosophie du peuple arménien. Quelles sont les différentes valeurs enracinées dans cette culture, dans votre culture ?

    Il y a une forte connexion déjà avec la nature, et ce morceau l'évoque bien. C'est l'un des seuls, l'un des rares morceaux d'ailleurs qui n'est pas une composition du groupe, c'est un morceau traditionnel qu'on a réarrangé. Dans la deuxième partie, il parle de jeûne pendant le carême, par exemple. Il y a aussi tout le côté croyant du peuple arménien, ce côté spirituel.

    Quant au morceau « Yerangi » est un arrangement d'une pièce pour piano de Komitas, qui était cette figure de la musique arménienne ?

    Effectivement c'est l'une des figures les plus importantes de la musique arménienne parce que c'est grâce à lui notamment qu'on a pu collecter la majorité des musiques arméniennes. Il est allé de village en village, il a écouté ce que chantaient les gens et l'a retranscrit en partition. Vous voyez les encoches comme les notes de musique mais codées ? Il a ouvert ces codes. C'est magnifique, j'ai même un tatouage de l'hymne national qu'il a écrit, qui n'est jamais devenu l'hymne mais qui est un morceau magnifique. Il a beaucoup écrit d'arrangements chantés aujourd'hui dans les messes. Bref, c'est l'un des plus grands musiciens arméniens qui a aussi beaucoup composé, et « Yerangi » est l'une de ses pièces pour piano. Nous, on l'a complètement arrangé à notre façon, mais on retrouve quand même la mélodie de Komitas.

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  • 80e Festival d'Avignon: «Le théâtre pose des questions et ne donne pas de réponses» pour Tiago Rodrigues
    Jul 2 2026

    Ce 4 juillet s'ouvre le 80ᵉ Festival d'Avignon, avec plus de 1 400 spectacles dans le Off, près d'une cinquantaine dans le In et le coréen comme langue invitée. L'ouverture, comme il se doit, se fera dans la Cour d'honneur du palais des Papes, avec la pièce Maldoror, signée Julien Gosselin, directeur du Théâtre de l'Odéon et un habitué du festival. Le plus grand rassemblement de théâtre accueillera les festivaliers durant trois semaines en ce mois de juillet.

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  • Rébecca Chaillon à Avignon avec «La Parabole du Seum»
    Jul 6 2026

    Rébecca Chaillon, l'artiste d'origine martiniquaise, révélée au Festival d'Avignon en 2023 avec sa pièce choc Carte noire nommée désir sur la condition des corps noirs en France, revient avec une nouvelle création. La Parabole du Seum est une pièce performance où l'artiste fustige la société capitaliste et revendique une place sociale aux corps hors normes, gros et queer.

    La Parabole du Seum de Rébecca Chaillon au Festival d'Avignon se donne au Cloître des Célestins, l'un des plus beaux lieux du festival, jusqu'au 12 juillet 2026.

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  • Festival d'Avignon: Avec «Salma mon amour», Ahmed El-Attar interroge sur les répercussions du 7-Octobre
    Jul 8 2026

    Le metteur en scène égyptien Ahmed El-Attar est un fidèle du Festival d'Avignon. Il y a présenté The Last Supper (« La dernière Cène ») en 2015 où il revenait sur la Révolution égyptienne, quatre ans après. Cette fois avec Salma mon amour, il part de l'attaque terroriste du 7 octobre 2023. Plus de deux ans plus tard, il sonde les répercussions de cet évènement majeur, et notamment la guerre à Gaza qui en a découlé, à travers une fiction. Un théâtre naturaliste qui interroge l'histoire et nos sociétés. Rencontre.

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  • Festival d'Avignon: «Nos assemblées», la pièce d'Élise Chatauret qui interroge le système démocratique
    Jul 10 2026

    Pour questionner la démocratie, Élise Chatauret fait voter le public sur le choix de la garniture d'une pizza dans sa pièce Nos assemblées à voir en ce moment au théâtre du Train bleu, dans le cadre de la programmation Off du Festival d'Avignon. Une fois de plus partie du terrain et d'un travail documentaire, la metteuse en scène propose un spectacle ludique et didactique sans être pesant.

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  • Au Festival d'Avignon, une pièce en langue des signes avec François et Christian Gremaud
    Jul 12 2026

    Au Festival d'Avignon, les pièces se donnent en plusieurs langues. Dans la pièce Mon frère cependant, on n'entend pas une langue, on la voit : il s'agit de la langue des signes. Sur scène, Christian Gremaud raconte son histoire et sur le côté, François Gremaud, qui a fait la mise en scène, traduit les propos de Christian en français. Une pièce émouvante sur l'inclusion.

    Retrouvez toutes les informations sur la pièce Mon frère ici.

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  • Les indépendances africaines à l'honneur aux Rencontres d'Arles
    Jul 13 2026

    Les Rencontres d'Arles ouvrent leur 57ᵉ édition avec un mot d'ordre : « Des mondes à relire ». Plus de quarante expositions, des artistes venus de tous les continents, un bicentenaire de la photographie, mais surtout une volonté affichée de regarder autrement notre époque, ses mémoires et ses fractures. Cette année, l’une des expositions-phares des Rencontres nous projette dans l’Afrique des indépendances. En 1957, le Ghana devient le premier pays d'Afrique subsaharienne à conquérir son indépendance. Mais une nation ne se construit pas seulement avec une Constitution ou un gouvernement : elle se construit aussi avec des images. L'exposition Ghana ! Rêver l’indépendance 1957-1976 montre comment photographes, écrivains, éditeurs et artistes ont participé à inventer le visage d'un pays nouveau, tout en confrontant aujourd'hui cet héritage au regard d'artistes contemporains. Sa commissaire, Damarice Amao, au micro d’Elisabeth Lequeret.

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  • Christopher Nolan: «Je voulais que L'Odyssée ait une texture réaliste pour que les spectateurs croient à l'histoire»
    Jul 14 2026
    C'est sans doute l'un des films les plus attendus de l'année : L'Odyssée débarque ce mercredi 15 juillet sur les écrans français. Porté par une pléiade de stars américaines, Matt Damon en tête dans le rôle d'Ulysse (mais aussi Zendaya, Tom Holland ou encore Charlize Theron), cette adaptation de grande ampleur est signée du Britannique Christopher Nolan. Le réalisateur oscarisé d'Oppenheimer et de la trilogie Batman The Dark Knight revisite cette épopée mythologique avec les codes du blockbuster. RFI : L’Odyssée est un poème grec d’Homère écrit il y a plus de 2 700 ans. Qu’est-ce qui vous fascine autant dans ce récit et en quoi est-ce qu’il nous parle encore au XXIe siècle ? Christopher Nolan : Je pense que lorsque l'on étudie L'Odyssée d'Homère, on y trouve des vérités universelles et intemporelles. Cette œuvre fondamentale de la littérature est à l’origine de toute la culture occidentale. Ce poème a fasciné génération après génération pendant près de 3 000 ans parce qu'il est simple et possède ces qualités accessibles et intemporelles de la nature humaine. Nos préoccupations humaines n'ont pas tellement changé. En l'adaptant, je me suis rendu compte qu’il y avait des thèmes et des modèles de narration qui faisaient écho à mes précédents films. Ainsi, le récit du retour au foyer est quelque chose que j'avais abordé dans Inception et Interstellar, par exemple. Dans la trilogie sur « Batman, The Dark Knight », on retrouve aussi le thème du voyage du héros. C'est sa simplicité et son approche de la nature humaine qui permettent à chaque génération de l'interpréter d'une manière pertinente pour notre époque. C'est un grand récit d'aventures, avec des éléments fantastiques, des monstres, mais que vous rendez très réaliste. Le réalisme est un terme chargé au cinéma. Je voulais que le film ait néanmoins une texture réaliste pour que les spectateurs croient à l'histoire. Mais c'était un défi : comment aborder les éléments fantastiques ? Pour le cheval de Troie, j'ai réfléchi à la manière dont cela aurait pu fonctionner dans la vraie vie. Mon public et moi savons que le cheval est rempli de Grecs, donc il faut le « vendre » d'une certaine manière. Ma solution a été de me dire : s'il ressemble à un monument déchu, à moitié enterré dans le sable et sur le point d'être détruit par la mer, il ne ressemble pas à quelque chose conçu pour être transporté dans la ville. De même pour le Cyclope, en filmant dans une vraie grotte et en cherchant des solutions concrètes. Comme mon ami Guillermo del Toro l'a bien montré, un monstre n'est jamais juste un monstre. Mais si vous arrivez à exprimer ses émotions, vous commencez à y croire, il y a du poids et de la gravité, et c'est alors menaçant et effrayant parce que cela semble réel. Vous avez réalisé un film de science-fiction, Interstellar, des films de superhéros avec Batman, un film de guerre avec Dunkerque. Là vous vouliez investir un autre genre : le peplum ? J'avais pour référence de grands films épiques comme Lawrence d'Arabie, Gladiator ou Barry Lyndon. Mais il n'y avait pas eu de récit moderne de la mythologie grecque. Des réalisateurs comme Ray Harryhausen s'y sont attaqués, mais avec des budgets et des ressources de séries B. Avoir l'opportunité de faire cela pour la première fois avec une grande échelle, un budget et un casting importants, c'est une occasion unique pour un réalisateur. Pourquoi avoir choisi de tourner en pellicule IMAX ? Je veux tourner un film entièrement en pellicule IMAX depuis que j'ai environ 16 ans et que j'ai vu pour la première fois des documentaires dans des musées filmés en IMAX. La clarté de l'image, la couleur incroyable, l'absence de grain, l'écran large qui vous immerge d'une manière vraiment fondamentale, m'ont semblé immédiatement pertinents pour des superproductions hollywoodiennes. Mais ce sont des caméras massives et bruyantes. Pour ce projet, je suis allé chez IMAX et j'ai dit : « Pouvez-vous trouver un moyen de rendre les caméras silencieuses parce que je veux vraiment faire le film entier de cette façon ? » Ils ont conçu un boîtier high-tech dans lequel je pouvais mettre la caméra, un très grand boîtier, mais qui la rendait silencieuse. Mais il faut changer les bobines au bout de trois minutes. Donc, on a dit aux acteurs : « D'accord, vous allez avoir cette machine massive devant le visage et vous allez devoir vous arrêter au milieu d'une scène et suspendre votre émotion pendant que nous rechargeons la caméra aussi vite que possible, aussi discrètement que possible. » Si les acteurs n'avaient pas voulu le faire ou n'avaient pas trouvé que cela fonctionnait pour eux, nous l'aurions abordé différemment. Mais en fait, je pense qu'ils ont trouvé cela très excitant. Le niveau de concentration sur la performance avec ces restrictions était très ...
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