CDI Trussst in me
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Excellente année à tous ! A la suite du dernier épisode de 2025, sur les dragons, voici un numéro dédié à d’autres reptiles plus ou moins sympathiques de nos contes et légendes.
Merci d’écouter La Communauté des Invisibles, une année de plus ! Mon nom est Joffrey Lebourg, podcasteur (à l'origine d'une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).
Chez les peuplades préhistoriques du monde entier, le serpent était une émanation de la puissance positive de la terre face aux caprices du ciel. Ou bien l’incarnation des rivières qui, sinueuses et miroitantes, leur ressemblent. D’autres en revanche associent à la forme onduleuse des serpents les éclairs, les rayons du jour ou encore les comètes.
Voir l’épisode 13 pour nâga, lamia, anguipède… Je laisse aussi de côté les créatures qui sont uniques dans la mythologie (Ouroborus, Méduse la Gorgone...) Évoquons plutôt l’amphisbène, qui vivrait au Proche-Orient selon les bestiaires antiques : un serpent avec une tête à chaque extrémité et deux pattes avant, dont il se sert peu. Il est très venimeux mais uniquement pour se défendre, car il ne chasse que des insectes et des lézards. Selon les récits, il peut être charognard, avoir des ailes ou des oreilles et bien d’autres propriétés farfelues ; sa chair était aussi un remède supposé à bien des maux.
Le serpent à deux têtes est une figure répandue également en Amérique latine mais si l’amphisbène doit avoir un cousin, c’est plutôt l’amaru andin, bien plus massif. Sa tête avant est celle d’un condor, comme ses pattes, tandis que la tête arrière appartient à un puma, et le corps à un serpent : ce sont les animaux emblématiques des trois royaumes (les dieux, les morts et les humains) et, puisqu’il les réunit en un seul être, il aurait la faculté d’ouvrir des portes entre ces mondes.
Proche de l’amphiptère vu la semaine dernière, mais probablement un être différent, le peuchen est un serpent à plumes des Andes dont le regard est hypnotique. Quand sa proie est sans défense, il la perce avec ses trois dents et lui pompe tout son sang. Les Slaves ont aussi leur serpent ailé, le balaur, à qui l’on donne parfois plusieurs têtes ou des pattes – comme le lindworm. Il sert de monture à certains démons et kidnappe les jeunes filles.
Le fatak arabe est un serpent composé uniquement de flammes, autour d’un noyau de pierre, qui vit profondément sous terre.
Arrive le quatuor gagnant, décrit par Pline l’Ancien et rattaché aux Quatre Éléments. D’abord l’aspic, nom qui sera généralisé aux vipères, dont la morsure de Feu dessèche sa victime et la fait mourir de soif. Le prialis, lui, endort sa victime grâce à un poison soporifique. Comme il émane de l’Eau, il meurt s’il est mordu par un aspic, et inversement. L’hæmorrhoïs, de la Terre, dispose d’un puissant venin anticoagulant : ses proies se vident de tout leur sang sans que rien puisse cicatriser la plaie. Enfin, le præster aux dents creuses, par lesquelles il injecte de l’air dans les vaisseaux de sa victime. Selon les versions, une simple bulle qui va boucher les artères et provoquer une hémorragie ; ou au contraire, assez de volume pour que sa proie gonfle jusqu’à l’explosion. J’utilise cette étrange famille dès mes Chroniques des Gardiens.
Reste l’épineuse question du basilic. La version traditionnelle est un reptile, probablement un serpent, tandis que le Moyen-Âge en fait un hybride de coq. On lui donne toutes les tailles, un regard mortel ou pétrifiant, une odeur atroce, du venin par la morsure ou par la peau… Chacun le compose à sa sauce, surtout dans les œuvres contemporaines !
Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish
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