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CDI Régions & Dragons

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En ce dernier épisode de l’année, offrons-nous un petit tour du monde pour une rencontre qui, selon les latitudes, est plus ou moins heureuse : le dragon. Il découle des nombreuses représentations préhistoriques de serpents et a pu être inspiré par la fréquentation d’autres reptiles ou la découverte d’ossements de dinosaures.


Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, auteur du podcast Le Cercle des Dieux Disparus (sur les mythes du monde) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).


La version européenne n’est pas de bonne compagnie… Longtemps, le terme grec drakôn (signifiant « qui a un regard perçant ») a désigné plutôt un serpent géant, force chtonienne gardant un lieu ou un trésor, passablement malveillante. Sa réputation a empiré avec le christianisme qui l’a associé aux démons, comme toute créature écailleuse.

On l’a pourvu d’ailes, d’un souffle de feu et parfois de venin, d’une grande longévité, d’une habitude à occuper des grottes où il entasse un fabuleux trésor, d’un appétit pour la chair humaine et de divers pouvoirs magiques, qu’il ne sait pas toujours utiliser mais que l’on retrouve alors dans sa chair et son sang. Beowulf est probablement la première œuvre à donner cette définition du dragon. Je m’attache autant que possible à respecter le mythe originel.


En Asie, cependant, les lóngs ont un profil très différent. Un corps gracieux, quatre pattes puissantes, mais pas d’ailes et une sorte de crinière, d’élégantes moustaches ou des cornes de cervidé, une perle incrustée dans le menton. Ils sont l’incarnation des forces de la Nature, principalement des protecteurs tant qu’on ne leur manque pas de respect. Chaque pays leur donne des spécificités, physiques ou symboliques. J’aime beaucoup cet animal et il joue un grand rôle dans les Chroniques du Nouveau-Monde !

On peut établir une parenté, cette fois, avec le mušhuššu – qui donne son nom à un personnage de Disney : une sorte de dragon mésopotamien à l’allure féline, avec des antérieurs de lion et des pattes arrière de rapace, pourvu de cornes d’antilope. Emblème de plusieurs dieux, c’est un protecteur connu surtout par sa représentation sur la Porte d’Ishtar.


Le serpent à plumes cher aux Mésoaméricains, ou « amphiptère », serait aussi une forme de dragon. Au-delà de ça, nombre de dieux aztèques ont un corps reptilien, les mues incarnant la renaissance et donc l’immortalité.

Certains experts veulent en outre les apparenter à l’hydre, monstre grec avec trois, sept, neuf, quinze têtes… Logique : elles ont la manie de repousser si on les tranche, jusqu’à finir en sac de nœuds (dans les travaux d’Hercule, c’était probablement une personnification des multiples canaux du marais de Lerne).


Dans la famille, nous trouvons également la vouivre (ou guivre), animal bipède et ailé possédant un joyau serti dans le front : l’escarboucle. Dans certains mythes, cela remplace ses yeux ; on dit aussi qu’elle peut se métamorphoser en belle femme pour aller nager, et c’est le seul moment où elle la retire. En langues germaniques, on l’appelle wyrm, une torsion de « ver ». En dépit de la ressemblance lexicale, la wyverne anglaise serait un être bien différent – en tout cas, elle l’est dans la fantasy moderne, mais les sources médiévales sont très confuses.

Toujours en teuton, le lindworm est un serpent avec deux pattes avant mais pas d’ailes, plutôt nécrophage et pas trop dangereux, bien que répugnant. Je vous incite à parcourir le Conte du Prince lindworm, le seul à lui donner un vrai rôle symbolique.

Le folklore anglais désigne par « knucker » une sorte de petit dragon rampant, alors que l’étymologie du mot le rapproche en fait des nixes germaniques, des génies des eaux.


Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish

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